La (belle) trentaine

Il y a quelques jours, j'ai fêté une nouvelle année passée dans la trentaine.

La belle trentaine.

Je ne crois pas avoir été aussi épanouie que jusqu'à maintenant.

Cela doit tenir à plusieurs choses : la maturité, l'expérience, la stabilité... l'amour !

Mais je crois que la véritable raison de cet épanouissement réside dans une chose essentielle : la liberté.

Celle de dire "Je veux" ou " Je ne veux pas", celle d'affirmer "J'aime" ou "Je n'aime pas". Celle d'être qui on est réellement au fond de soi et non quelqu'un que les personnes qui nous entourent aimeraient que l'on soit ou que l'on aimerait être soi-même.

Celle de décider dans la vie.

Même de petites choses.

"Non, je n'aime pas les choux de Bruxelles."

"Oui, j'aime boire du vin à 17h un lundi, c'est mon week-end après tout."

"Non, je n'ai pas honte d'aimer le missionnaire."

"Oui, j'ai un jour envie de faire le chemin de Bruxelles à Saint-Jacques de Compostelle."

Cette dernière affirmation est véridique, je n'ai juste pour l'instant réussi à convaincre personne de m'accompagner. 

J'aime le missionnaire, je n'en suis pas une pour autant.

Mes parents, comme je les aime ceux-là, m'ont toujours appris à manger de tout, dire "merci Madame", dire "pardon Monsieur".

Un peu moins à dire "non".

Je vous vois d'ici, parents parmi mes amis, à dire "Elle ne sait pas encore ce que c'est."

Je vois pourtant ma soeur Pauline, qui, face au refus de sa fille de manger certaines choses, parce qu'elle n'aime pas, de faire un bisou à quelqu'un, parce qu'elle ne veut pas, garder son sang froid et accepter, malgré la colère qui pourrait l'emporter, que sa fille ait son caractère. Ou tempérament (je crois que ce dernier est inné, le précédent acquis).

Ma nièce, cet amour, a donc son tempérament, et est l'une des petites filles les plus joyeuses et éveillées que je connaisse.

Il faut parfois attendre quelques années supplémentaires pour réussir à affirmer certaines choses que l'on ressent très profondément mais que l'on a du mal à laisser sortir de peur de décevoir ou se décevoir.

Mais qu'il est bon de dire "mer**" de temps en temps.

Aux stéréotypes, aux bien-pensants, aux préjugés.

C'est ainsi que je ne vous annoncerai pas que j'ai changé d'orientation sexuelle, j'aime bien trop le missionnaire, mais que j'ai décidé de ne pas manger de sauce tomate, ni d'anchois, et que je continuerai à boire un verre de vin rouge à 17h un lundi, qui sait, sur la route de Saint-Jacques.

Qui m'aime me suive.

Bisous

Legal imprint